Comment créer les conditions favorables à la créativité ?
Il faut être créatif au “bon moment” et “placer” sa créativité selon ses disponibilités et ses compétences ; d’où l’intérêt et le besoin d’étudier des techniques de créativité.
Adopter le mimétisme
Établir un rapport avec l’autre : accompagner et refléter
Refléter, c’est apparier notre comportement verbal et non verbal à celui de notre interlocuteur. C’est l’essence même d’un rapport entre individus.
Ce reflet comporte autant de dimensions que notre expérience sensorielle nous permet d’en identifier.
Nous pouvons refléter les prédicats d’une autre personne, sa syntaxe, la position de son corps, ses gestes, sa respiration, le ton de sa voix et son débit, l’expression de son visage, ses clignements d’yeux, etc.
Reflet non verbal
• Reflet direct : Exemple : respirer aussi profondément que l’autre.
• Reflet croisé : Exemple : faire des mouvements de la main qui copient la respiration, la poitrine qui se gonfle et se relâche. Même des mouvements très ténus ont un impact sur la personne reflétée.
Accompagner
Lorsqu’on accompagne le comportement d’un individu, on établit un rapport avec lui, on crée un climat de confiance.
Le reflet non verbal est un mécanisme inconscient très efficace dont tout être humain se sert pour vraiment communiquer avec quelqu’un. Si l’on observe la position du corps de deux personnes et leurs gestes pendant qu’elles communiquent ensemble, au restaurant par exemple, on peut déterminer le niveau d’efficacité de leur échange.
Choisir un facilitateur efficace lors des séances de créativité
Un négociateur se cache dans chaque animateur, son rôle :
• marquer les attentes / objectifs sur un flip-chart et les laisse visibles durant la session
• ouvrir chaque session avec stimulation et pertinence
• offrir une variété d’expériences pédagogiques qui reflètent une connaissance des différents styles d’enseignement
• savoir passer clairement d’une activité à une autre
• prendre note des points clés et des observations sur le flip-chart, en reprenant les termes des participants
• demander la permission de modifier les termes des participants ou de remettre la discussion d’un sujet ou d’un problème à plus tard
• résister à la tentation de répondre à toutes les questions et savoir les renvoyer au groupe
• insister pour que le groupe applique des concepts et des compétences relatives aux situations de travail
• tolérer un silence et une confusion occasionnelle ; donner au groupe le temps de réfléchir
• refuser de personnaliser la critique, un conflit ou des recommandations ; garder une position neutre plutôt que de défendre ou d’accuser
• reconnaître les soucis ou les sentiments des membres du groupe par des questions ou des remarques telles que :
- “Vous semblez vraiment fâché(e)”.
- “Ce problème semble important. Nous devrions…”
- “C’est la troisième fois que nous entendons cette remarque. Que devrions-nous en faire ?”
- “Est-ce que nous nous éloignons de la réalité ? Est-ce que cela devient trop académique ?
• savoir reconnaître les contributions des participants, et les valoriser pour cela
Eradiquer les barrières à la créativité
=> L’Homme ne voit que ce qu’il connaît…
=> … et parfois même pas cela
=> L’Homme ne voit que ce qu’il veut bien voir
=> La partie la plus importante d’un problème est celle que l’on ne voit pas
=> L’Homme ne pense qu’en une seule dimension
Nous sommes la principale barrière à notre créativité !!
1/ prendre de la distance par rapport à mes préjugés
2/ tourner le dos aux barrières que sont les préjugés de l’autre
Comment surmonter ces barrières ?
= Nous devons penser latéralement !
=> Les techniques de Créativité (voir le livret chapitre 5)
=> Les comportements liés à la recherche d’idées provoquent : Motivation / Attitude ++
=> Avoir une vision claire de la situation actuelle
Favoriser la dynamique de groupe
La Créativité en Groupe : Une certaine Dynamique…
Pourquoi un groupe ?
La créativité est une situation consommatrice de cette énergie vitale fondamentale qui régit notre vie affective et qui, de surcroît, consomme une grande quantité de cette énergie. Sans elle, les techniques ne sont que des outils sans vie. La Production, elle, se heurte à des habitudes de pensée, des structures préétablies qu’il est nécessaire de dépasser, voire de rompre ; de même, imaginer le futur implique une prise de risque intellectuel qui peut être inhibante.
Enfin, l’inconnu est toujours quelque chose d’angoissant. Le groupe joue ici le rôle d’un réservoir d’énergie, et constitue un milieu permissif et sécurisant où la consommation s’avère moindre (il y est moins utile de se protéger des autres et de soi-même). Le groupe constitue un stock d’informations et, partant de là, possède un potentiel imaginatif et associatif bien supérieur à celui d’individus isolés : d’où l’avantage de composer le groupe de personnes de formations, de professions, de champs d’intérêts très différents.
Le groupe constitue la situation pédagogique optimale, il permet à la plupart des sujets de devenir “créatifs”.
Mieux, on constate, par la suite, une amélioration des procédures de pensée traditionnelle par l’acquisition d’une plus grande souplesse d’esprit et par des attitudes plus réalistes à l’égard des problèmes et de la part des autres participants aux différents groupes de travail. Le groupe de créativité constitue une situation de simulation extrêmement intéressante de la vie sociale en général. Ainsi la pédagogie de la créativité deviendra pédagogie de la vie en groupe en général (amélioration de la communication, diminution de la résistance aux changements… etc.).
Une méthodologie pour mobiliser toutes les énergies
Quel groupe ?
Les critères de composition d’un groupe de créativité
- L’hétérogénéité des participants : plus les participants seront de formations différentes, auront des centres d’intérêts divergents, plus on aura de chances de voir se rapprocher (se ”biassocier”) des domaines différents et plus on aura de chances de trouver des réponses, originales de surcroît.
- La compatibilité entre participants : il convient que les participants puissent s’entendre et se comprendre, et donc qu’il n’y ait entre eux ni barrières affectives (animosité), ni barrières hiérarchiques, ni barrières culturelles. Le temps investi en formation du groupe est inversement proportionnel à cette compatibilité.
- La motivation à participer en regard de la méthodologie et par rapport au problème à résoudre en particulier.
- Le nombre de participants : il est limité, quant à sa borne supérieure, par le champ d’appréciation individuel (chacun de nous n’est capable de percevoir simultanément que 7 ou 8 personnes à la fois), seuil au-delà duquel le groupe a tendance à se scinder en sous-groupes. Quant à la borne inférieure, par le nombre de protagonistes souhaitables en termes de centres de préoccupation et de formation à la démarche.
Le nombre idéal se situe en général entre 4 et 6 participants.
Les règles du jeu
Il est indispensable que le groupe de créativité partage un certain nombre d’attitudes et de modes de fonctionnement, lesquels débouchent sur une véritable culture commune, l’acquisition de ces attitudes constituera une part importante de l’entraînement du groupe, car si elles sont parfaitement intelligibles et fondées, il n’est pas toujours aisé de les mettre en œuvre dans le cadre d’organisations.
- La disponibilité à soi : chaque participant doit redevenir capable de susciter, de faire “remonter” à la conscience claire, les éléments qui lui apparaissent au cours de la recherche et de les exprimer spontanément au groupe sans s’autocensurer, même si les liens avec le problème ne sont pas a priori évidents. Ici, on s’exprime à la première personne, et le “moi, je…” n’est pas du tout haïssable.
- La disponibilité aux autres : chaque participant doit pouvoir percevoir, recevoir, et reprendre ce qui est exprimé par les autres sans réticences, ni critiques.On conviendra qu’il y a un temps pour créer et un temps pour juger.
- L’association : il s’agit là de la formulation de la logique même de la créativité du groupe. Chaque participant doit être capable de reprendre tout ou une partie de l’idée de l’autre (“auto-stop des idées”), soit pour la mener plus loin en l’enrichissant de son propre apport, soit pour l’infléchir dans un sens original. Le groupe de créativité est l’enceinte du piratage des idées, du “je dirais même plus…”, du détournement à son profit dans le cadre du groupe.
En créativité, comme dans les sports collectifs, le jeu individuel tue l’esprit même du jeu.
- La pensée et l’expression par images plutôt que par concepts scientifiques :
Les concepts scientifiques, comme les techniques, ne possèdent qu’un potentiel associatif limité. On a pu dire que l’image mentale était le matériau de prédilection de l’inventivité, le terreau fertile dont se nourrissent les idées nouvelles, la matière première de la créativité tant individuelle que de groupe.
- La fluidité : il faut que “ça coule”, que le flot des idées jamais ne se tarisse (vitesse d’idéation et d’émission), on privilégie la quantité d’items produits à la recherche d’une qualité optimale. On aura intérêt à multiplier les pistes de solutions. La recherche en groupe est comme la recherche de calembours : il faut en produire une grande quantité pour pouvoir avoir des chances d’en émettre quelques bons.
- La flexibilité : on s’efforce de multiplier les champs d’investigation, on ne finalise pas les pistes d’idées, on se contente de “papillonner” pour collecter un maximum d’informations dont la pertinence et la finalisation seront considérées ultérieurement, hors du groupe de recherche.
Inspiré de “Créativité, mode d’emploi”, Les Éditions d’organisation.
Les avantages :
C’est un travail de groupe qui provoque une bonne dynamique, bien qu’il réclame un peu de directivité de l’animateur.
- Analyse flexible qui provoque beaucoup de cascades.
- La réorientation en cours de recherche est très facile.
But : Casser, faire éclater, déstructurer et désarticuler le problème en dressant une liste aussi longue que possible de tout ce qui le compose.
Moyen : L’exercice consistera simplement à faire remplir le tableau par tous les participants en présence.
Plus les participants sont nombreux, plus on a de chances d’obtenir un maximum d’idées intéressantes.
Déroulement du processus de créativité :
L’animateur compose les groupes de travail et définit très précisément le problème à résoudre, les contraintes à prendre en compte, et le but concret de cette séance.
Les participants sont invités à procéder par associations libres et à faire preuve d’une bonne dose de créativité et d’intuition.
L’animateur n’arrête l’exercice que lorsqu’il juge que les groupes arrivent à se tarir d’idées. La liste totale devra cependant être assez longue pour dépasser les évidences.
Une fois la liste de l’ensemble des tableaux constituée, on choisit quelques-uns des mots produits et on les retravaille.
La séance doit aboutir à une action : ce peut être une décision, la mise en forme d’un projet. Il se peut que l’exercice serve simplement à mieux cerner un problème ou un principe, dans ce cas un document de synthèse sera réalisé et distribué.









